Titre

Les deux loups, une légende Cherokee

 

 

Un vieux Cherokee voulait faire l’enseignement de son petit-fils en lui parlant de ce qu’est la vie.

 

«Il y a un combat qui se déroule en moi», dit-il au garçon.

C’est un combat terrible qui se produit entre deux loups. L’un est mauvais, il n’est que colère, envie, tristesse, regret, avidité, arrogance, auto apitoiement, culpabilité, ressentiment, sentiment d’infériorité, mensonges, faux orgueil, sentiment de supériorité et ego.

Et puis il y a l’autre loup: il est bon, et n’est que joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, bonté, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et foi.

Ce combat terrible se passe aussi en toi, et à l’intérieur de chacun. »

 

Le petit-fils réfléchit pendant une minute, puis demanda à son grand-père,

  • Mais grand-père, lequel des deux loups va gagner? »

Le vieux Cherokee lui répondit simplement:

« Celui que tu nourris».

 

 

 

 

 

Les Trois Portes de la Sagesse 

 

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, généreux et intelligent. Pou parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

– Éclaire-moi sur le Chemin de la Vie, demanda le Prince.

– Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes inscrits sur chacune d’elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire davantage. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire: 

“Change le Monde.” 

C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas.

Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.

Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses, mais beaucoup d’autres lui résistèrent.

Bien des années passèrent. Un jour, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas.

– C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Ne t’acharne pas sur ce qui ne dépend pas de toi.

Et il disparut. Peu après, le Prince arriva devant une seconde porte. On pouvait y lire:

“Change les Autres.”

– C’était bien là mon intention, pensa-t-il . Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.

Bien des années passèrent.

Un jour, alors qu’il méditait sur l’inutilité de ses tentatives de vouloir changer le autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

J’ai appris, répondit le Prince, que les agissements des autres ne sont pas la cause de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que l’occasion ou le révélateur. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.

– Tu as raison, dit le Sage. Ce qui se réveille en toi quand tu es face aux autres te révèle quelque chose sur toi-même. Sois reconnaissant envers ceux en compagnie de qui tu sens vibrer en toi joie ou plaisir. Sois-le aussi lorsque émerge en leur présence la frustration ou la souffrance, car à travers cela la Vie te montre où tu en es et le chemin qui te reste à parcourir.

Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots:

 ”Change-toi toi-même.”

Si je suis moi-même la source de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, se dit-il. Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer en lui tout ce qui ne lui plaisait pas ou ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi de nombreux déboires, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.

– C’est bien, dit le Sage.

– Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de lâcher prise.

– C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait:

 “Accepte-toi toi-même.”

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. Quand on combat, on devient aveugle se dit-il. Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui: ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en harmonie avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte.

À peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut:

 “Accepte les Autres.”

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie. Celles qu’il avait aimées et celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.

Il rencontra alors le Vieux Sage.

– Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.

J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut:

 “Accepte le Monde.“

Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur Perfection.

C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là, il existe, c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.

– C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de Paix, de Sérénité, de Plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.

– Tu es prêt, maintenant, à franchir le Dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du Silence de la Plénitude à la Plénitude du Silence.

 Et le Vieil Homme disparut.

 

 

 

 

La boutique de la vie réussie

 

Dans un lointain pays, un homme se promenait dans la rue. En passant à un endroit qu’il connaissait très bien, il s’aperçoit qu’une nouvelle boutique est apparue : « Boutique de la vie réussie ».

Intrigué, il se rend à l’intérieur, et – à sa grande surprise – découvre au beau milieu d’un bric-à-brac impressionnant un ange pourvu de deux magnifiques ailes blanches et d’une tunique de la même couleur.

L’homme s’approche quand l’ange l’aperçoit : « Bienvenue cher client ! Dans cette boutique, nous offrons tout pour être heureux ! ».

Intrigué, notre homme interroge : « Tout pour être heureux ? Vraiment ? ».

L’ange renchérit : « Absolument tout ! Et en plus monsieur, c’est gratuit ! C’est notre concept ! ».

Ne se faisant pas prier, notre homme demande alors : « J’ai besoin de changer de travail, pourrais-je en avoir un nouveau, intéressant, avec des collègues agréables et motivés, un chef compréhensif, et une très bonne rémunération ? ».

L’ange lui répond alors : « Aucun problème monsieur, nous en avons un excellent avec beaucoup de challenge, des collègues inspirants et brillants, une hiérarchie compréhensive et reconnaissante et, en supplément offert, un salaire hors-du-commun. Désirez-vous autre chose ? ».

Interloqué, l’homme continue : « Et bien, j’aimerais beaucoup avoir plus de charisme, une meilleure répartie et plus d’humour dans les conversations… »
« Aucun problème »
, continue l’ange, « notre promotion du mois offre justement notre pack ‘Charisme, Culture et Communication d’enfer’ à tous nos clients ! Autre chose ? ».

« Eh bien, avec tout ça, je me connais, je vais avoir envie d’en profiter, de faire la fête, de bouger… Je ne voudrais pas tomber malade… ».

« Très bien cher client, nous vous offrons donc une santé de fer pour toute votre vie, un métabolisme d’exception pour récupérer de vos éventuelles soirées alcoolisées et enfin, notre petit plus, un sommeil rapide, profond et réparateur ! Que voudriez-vous d’autre pour être heureux ? ».

« Ah ! J’allais oublier l’indispensable ! Être bien entouré ! J’aimerais avoir beaucoup d’amis – une vingtaine si possible – et une famille agréable avec une femme simple, jolie, aimante et deux enfants doués, calmes et qui me foutent la paix quand je rentre le soir. Et si je peux avoir une belle maison avec, je serais vraiment heureux ! ».

L’ange répond : « Aucun problème cher client, nous ajoutons un assortiment de 2 douzaines d’amis dévoués et conviviaux, une femme simple, riche, belle, intelligente et compréhensive, ainsi que les enfants qui vont avec. Nous complétons cette offre par une splendide maison avec jardin, piscine intérieure et garage… Êtes-vous content ? ».

« Oh oui ! » répond l’homme au comble de sa joie. « Quand pourrais-je avoir tout ça ? ».

« Tout de suite monsieur, laissez-moi un moment… ».

L’ange part dans l’arrière-boutique, puis reviens quelques instants après avec un petit sac en cuir qu’il tend à notre ami.

« Qu’est-ce-que c’est que ça ? ». demande ce dernier.

« Votre commande » répond l’ange.

L’homme s’emporte : « Mais ça n’est pas du tout ce que nous avions dit ! Nous avions dit un travail, une maison, des amis… Pas ce petit sac minuscule ! ».

L’ange répond alors : « Monsieur, je vous assure que tout, absolument tout ce que je vous ai promis se trouve dans ce sac. Par contre, nous ne pouvons vous donner que ce que nous possédons… Et notre boutique ne possède que les graines… Pour ce qui est de les faire pousser, vous êtes la seule personne à pouvoir le faire! »

 

 

Ça, c’est chouette ! … ou comment sourire à la vie !


Au dessus de chez Monsieur J’ai-Pas-Envie, 53 rue de la Colombe de la Pluie, habite une petite dame toute ronde et rose qui s’appelle Madame Ça-c’est-chouette.
Quand il pleut, Madame Ça-c’est-chouette dit : « ça c’est chouette, je vais sortir et comme ça, ma toilette sera faite ! »
Quand il fait soleil, elle dit : «  ça c’est chouette, ma tarte va cuire toute seule sur la fenêtre ! »
Si personne ne vient la voir, elle dit : «  ça c’est chouette, je vais finir mon livre ! »
Si quelqu’un vient, elle dit : «  ça c’est chouette, j’avais justement cuit un gros gâteau ! »
Or, un beau jour, Monsieur J’ai-Pas-Envie et Madame Ça-c’est-chouette se retrouvent tous les deux dans l’ascenseur. Et l’ascenseur tombe en panne.

- Ça c’est chouette, dit Madame Ça-c’est-chouette, on va pique niquer ensemble !
– Moi, j’ai pas envie de déjeuner, dit Monsieur J’ai-Pas-Envie.
– Oh, mais si, mais si, dit  Madame Ça-c’est-chouette, goûtez moi un peu ce jambon de pays. Allez, bon appétit, !
Mais le repas est fini, et la panne d’ascenseur dure encore.
– Ça c’est chouette, dit Madame Ça-c’est-chouette, je vais finir le pull de mon petit neveu.
– Moi, j’ai pas envie de tricoter, dit Monsieur J’ai-Pas-Envie.
– Ah, allez, tricotez donc un peu ! dit Madame Ça-c’est-chouette. Ça passe le temps ! »
Et le tricot s’allonge, s’allonge…
Il s’allonge tellement qu’il devient trop grand pour le petit neveu de Madame Ça-c’est-chouette.
– ça c’est chouette, dit Madame ça c’est chouette, comme ça je vais vous le donner.
Et Monsieur J’ai-Pas-Envie enfile le pull.
Et la panne dure toujours.
– Ça c’est chouette, dit Madame Ça-c’est-chouette, parce que je dors debout.
Et elle baille.
– Mais j’ai pas envie de dormir debout, moi! dit le pauvre Monsieur J’ai-Pas-Envie.
Madame Ça-c’est-chouette ne lui répond pas parce qu’elle dort déjà. Alors il la regarde dormir debout, si jolie, toute rose, avec ses bouclettes. Et quand on vient les délivrer, Monsieur J’ai-Pas-Envie dit à Madame Ça-c’est-chouette :
– J’ai pas envie de vous quitter.
– Ça c’est chouette, dit Madame Ça-c’est-chouette, parce que moi non plus ! »
Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

 

 

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Un conte philosophique sur la notion relative du temps, du vécu et du bonheur

 

 

C' est l'histoire d'un homme que je définirais comme un chercheur...

Un chercheur est quelqu'un qui cherche, pas forcément quelqu'un qui trouve. Ce n' est pas forcément quelqu'un qui, nécessairement sait qu'il cherche. C'est simplement quelqu'un dont la vie est une quête.

 

Un jour, ce chercheur eut le sentiment qu'il devait se rendre dans la ville de Kali. Un peu avant d'arriver à la ville, une colline à droite du chemin attira vivement son attention. Merveilleusement verte, elle était couverte d' arbres, de fleurs, d' oiseaux enchanteurs et entourée d' une sorte de palissade vernie.

Un petit portillon en bronze l'invitait à entrer.

Il eut tout à coup l'impression d'oublier la ville et succomba à la tentation de se reposer un moment en ce lieu.

 

Le chercheur franchit le portillon et avança lentement entre les pierres blanches, qui semblaient éparpillées un peu au hasard, entre les arbres.

Il laissa ses yeux se poser comme des papillons sur chaque détail de ce paradis multicolore.

Ses yeux étaient ceux d'un chercheur et, sans doute pour cette raison, il découvrit cette inscription sur l'une des pierres :

 

                                       Admil  Fareg vécut 6 ans,

                                     6 mois 2 semaines et 3 jours

 

Il eut un léger sursaut en prenant conscience que cette pierre n' était pas une pierre ordinaire : il s'agissait d' une pierre tombale.

Il éprouva une peine immense à la pensée qu'un si jeune enfant était enterré là.

Regardant autour de lui, l’homme se rendit compte que la pierre d' à coté portait également une inscription. Il s'approcha pour la lire:

 

                                     Yalmir Karib vécut  4ans,

                                        5 mois et 3 semaines

 

Le chercheur se sentit envahi d'une terrible émotion.

Cet endroit merveilleux était un cimetière, et chacune des pierres, une tombe.

Une à une, il entreprit de lire les pierres tombales.

Toutes portaient des inscriptions semblables : un nom et la durée de vie du défunt.

Mais ce qui le plongea dans l'épouvante, ce fut de constater que celui qui avait vécu le plus longtemps avait à peine plus de onze ans... Accablé par un effroyable chagrin, il s'assit et se mit à pleurer.

 

 Passant par là, le gardien du cimetière s'approcha.

 Il le regarda un moment en silence, puis lui demanda s'il pleurait un membre de sa famille.

 " Non, aucun parent, dit le chercheur. Que se passe-t-il avec cette population ? Quelle chose si terrible y a t-il dans cette ville ? Pourquoi tant d' enfants défunts enterrés en ce lieu? Quelle est l'horrible malédiction qui pèse sur ces gens et les a obligés à ériger un cimetière d' enfants?"

 Le vieil homme sourit et dit:

" Calmez vous, il n' y a aucune malédiction. Ce qui se passe, c' est que nous avons ici une vieille coutume, je vais vous raconter...

"Lorsqu'un adolescent entre en sa quinzième année, ses parents lui offrent un carnet comme celui que je porte à mon cou. Il est de tradition chez nous, à partir de ce moment , que chaque fois qu'on jouit intensément de quelque chose, on ouvre le carnet et on y note dedans :

 

à gauche, ce qui a donné de la joie...

à droite, combien de temps a duré cette joie.

 

" Il a rencontré sa fiancée, il en est tombé amoureux. Combien de temps a duré cette immense passion et le plaisir de la connaitre ?

1 semaine, deux, trois ?...

" Et ensuite... l'émotion du premier baiser, le merveilleux plaisir du premier baiser, combien de temps a t-il duré ? La minute et demie du baiser, 2 jours, 1 semaine?

" Et la grossesse de sa femme, la naissance de son premier enfant ?

" Et le mariage de ses amis?

" Et le voyage le plus désiré ?

"Et les retrouvailles avec le frère rentré d' un pays lointain ?

" Combien de temps a duré la joie donnée par ces situations ?

" Des heures, des jours ? ...

 

" Ainsi notons-nous peu à peu, dans ce carnet, chaque moment dont nous jouissons... chaque moment.

 

 " Lorsque quelqu'un meurt, nous avons coutume d'ouvrir son carnet et de faire la somme des moments de joie pour l' inscrire sur sa tombe.

Parce que pour nous, ce temps de bonheur est le seul et véritable temps VÉCU.

 

 

 

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LE BONHEUR  (CONTE PHILOSOPHIQUE)

 

Un beau matin, fatigué de la vie, fatigué de lui, 

Il partit à la recherche du bonheur. 

Il crut le voir et se dit qu’il pourrait le saisir 

En tendant simplement la main. 

 

En chemin, il vit dans le fossé 

Le bonheur de la beauté, des coquelicots, des marguerites et des bleuets. 

Il s’en fit un bouquet qui aussitôt dans ses bras se dessécha et s’effeuilla. 

Sûr le bonheur n’était pas là.

 

Un peu plus loin il vit dans une forêt, 

Le bonheur et la clarté d’un rayon de soleil. 

Il courut vers lui pour en être inondé. 

A peine arrivé, un nuage du ciel éteignit la lumière jaillissant des bois. 

Sûr, le bonheur n’était pas là.

 

Enfin, oublié sur un banc, 

Il fut bien étonné de trouver un violon. 

Il le prit à pleine mains pour en tirer un son, mais le violon grinça, pleura. 

Sûr le bonheur n’était pas là.

 

Fatigué de lui, fatigué de la vie, 

Ce soir-là, bredouille, il rentra chez lui. 

Le lendemain, il repartit.

 

En chemin, il vit au fond du fossé un enfant qui pleurait. 

Il cueillit un coquelicot, une marguerite et un bleuet 

Et les lui offrit pour le consoler.

 

Un peu plus loin, il vit dans la forêt un vieillard qui grelottait. 

Il tira le rayon du soleil vers lui pour le réchauffer.

 

Enfin sur le banc, il vit un jeune homme qui chantait. 

Il prit le violon et fit glisser l’archet pour l’accompagner.

 

Le bouquet de fleurs et le sourire retrouvé de l’enfant, 

Le rayon de soleil et le repos du vieillard, 

La musique du violon et la mélodie du jeune homme, 

Le parfumèrent 

Le réchauffèrent, 

Et le bercèrent …

De bonheur.

 

 

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Café rigolo AMOUR dans tous ses états 7/4/2018

 

Modèle de STERNBERG, théorie de l’amour 1986

 

 

AIMER, c'est faire en secret ce serment:

Je m’engage de toutes mes forces à défendre ta liberté, à ménager autour de toi
l'espace qui te sera nécessaire pour croître et fleurir !

Et même si je dois être surpris par l'évolution de l'autre,

même s'il ne devient pas celui que j'attendais qu'il soit un jour, 

je m’engage à respecter son devenir !

C'est le défi que je relève.

Que ta volonté soit faite et non la mienne !

Osons nous laisser surprendre !

N'emprisonnons pas nos proches - ni nos enfants - dans la représentation que nous avons d'eux.

Cassons les moules dans lesquels nous nous enfermons les uns les autres.

Offrons-nous la confiance même de nous laisser errer, de commettre des erreurs...

Que savons-nous du secret de nos destinées ?

En devenant garant de la liberté de celui que j’aime, je lui épargne même de devoir fuir !

Rester ensemble n'est pas, comme au cimetière, une "concession perpétuelle"

- c'est une offrande à renouveler chaque jour…

 

Christiane Singer pastedGraphic.png